Partie 3 : De l’obsolescence programmée du projet THT HAUTE-DURANCE : LES FONDAMENTALISTES LIBÉRAUX PRIS A LEUR PIÉGE

 Partie 3 : LES FONDAMENTALISTES LIBÉRAUX PRIS A LEUR PIÈGE

Commençons par le moins douloureux, la mutation économique du marché de l’électricité européen.

Dans les années 90 la France se voit comme le château d’eau nucléaire irriguant les peureux pays voisins d’une électricité pas chère et peu polluante à quelques leucémies près d’après nos nucléocrates. Le hic à cette voie triomphante est le réseau transfrontalier européen. Il a été développé pour de l’échange d’équilibre et non pour de l’exportation massive. Les maillons faibles de cet exportation sont l’Espagne, le Portugal et l’Italie, la géographie montagnarde en est la raison. Ces trois pays font leur électricité au fioul et au charbon, l’électricité est cher, polluante, ils font office bons clients potentiels.

EDF veut faire passer dans le Val Louron une grosse ligne Très Haute Tension. La vallée est debout contre. EDF achète des élus, elle a une enveloppe pour. Le préfet lui est contre il adore la montagne. Une lutte s’engage. Corinne Lepage ministre fait classer la vallée en partant de son ministère. EDF s’attaque à une autre vallée, reperd. A force de décaler sa ligne, celle-ci finit dans la méditerranée, avec 15 ans de retard. Elle est enterrée en France. Le scénario se répète dans le Verdon qui relié Nice. La ligne est retardée de 15 ans, elle est enterrée. Enterrer une ligne THT coûte plus cher à l’investissement. Sur 50 ans le prix est le même mais les multinationales françaises maîtrisent mal la technologie et elles sont en accord avec EDF sur l’aérien. Pas question de demander  aux Allemands ou suédois leur technologie.

EDF tire ainsi dans les années 1980 à 2000, des lignes à THT aériennes dans toutes la France pour cause de nucléaire et de chauffage nucléaire. La France a le réseau électrique le plus développé d’Europe mais en forme d’arbre. Les autres pays peu nucléarisée ont un réseau caractérisé par des petites centrales thermiques à Gaz ou charbon près des villes. Ils sont en forme d’arbustes.

Le choix français coûte cher en réseau électrique mais ce coût est caché. Une partie du prix du chauffage électrique est payé par tout un chacun (30 % d’une facture électrique sert à financer le réseau). EDF impose avec PROMO’ELEC, la villa tout électrique : Parpaings, polystyrène, et convecteur et portails électriques, ils feront 50 %, des nouvelles constructions en 2000…

Tout cela tombe bien. Après 75, l’état a décidé de promouvoir la maison individuelle. C’est populaire, les grands ensembles sont mal construits t bruyants. Les villes sont devenues avec la voiture invivable, le français veut vivre à la campagne et travailler en ville. Le pays va se couvrir de lotissements. Le gros souci de ce modèle est sa consommation énorme en énergie, en bagnoles, en espaces et son coût financier et  ne parlons pas de son coût humains, social et écologique. Il faut en effet pour déployer cet utopie (la ville à la campagne) développer des réseaux énormes : un  réseau routier  pharaonique  délirant (1 millions de KM), un réseau électrique gigantesque, un réseau d’eau potable, d’égout… Mais c’est le rêve du Français moyen. De l’espace, nous en avons en France ! Résultat, en 40 ans 40 000 km2 sont bétonnés, soit 8 départements, ou pour vous représenter un joli carré, une belle dalle de béton de 200 km sur  200 km.

Ce système permet de faire 5 milliards d’euros/an  de culbute financière en changement de la terre agricole en terrain à bâtir. La France des propriétaires de  terrain, les notables, les promoteurs, la routière du midi, Renault, EDF applaudissent. Les banques jamais en reste, adorent.

Certes, cela dévore les campagnes ; les plus belles terres agricoles, couvre de ronds point et fait exploser les km de voitures. Le nombre de véhicules double de  19 à 40 millions. Le trajet moyen du français aussi. Seul dans sa boite à chaussures à paraboles, le français oublie la fonction marche à pied. Il doit payer l’entretient  via ces impôts d’1 millions de km de goudrons, le réseau routier fait en 40 ans 8 fois plus de morts que la guerre d’Algérie, l’équivalent de  2éme guerre mondiale.  Mais là personne ne proteste contre ce réseau, ma petite maison au fond la prairie c’est si mignon . Maintenant elle est écologique, comme peut être carré une sphère…mais je digresse…

Pour financer l’enlaidissement de la France, il est décidé que les impôts ou les taxes collectives payeront, l’explosion du réseau routier et l’extension du réseau électrique….Tout le monde payera, même celui qui n’a pas de chauffage électrique et  ni de voiture…

Au privé les sous de la spéculation immobilière, au public les charges, vieille tradition du capitalisme à la française….
L’utopie des lotissements peut exister, chacun dans sa bulle……

Mais revenons à la ligne…

Point.

Le temps passe, les moellons se montent comme des petits pains et la mondialisation est en mode marche forcée. Bruxelles décide maintenant plus que Paris. Le système de production électrique change aussi. D’une production électrique centralisée et étatique, nous sommes passé progressivement à un marché européen dominé par quelques multinationales. D’un prix régulé fixé au long terme des années 90, nous sommes  passés en 15 ans à un marché spéculatif au prix fixé par une bourse de l’électricité (EPEXSPOT) qui varient toutes les heures.

Les idéologues du libéralisme et autres fondamentalismes de la loi du marché (qui dit marcher en théorie mais ne marche pas en pratique) ont chamboulé ce marché. Ils ont demandé aux états relativement autonomes de se doter de liaisons transfrontalières afin de pouvoir voir émerger un marché européen de transactions. Les multinationales y voyait la possibilité de faire beaucoup d’argent : l’argent public paye les infrastructures et eux jouait à la hausse….Le problème  avec tous les idéologues qu’ils soient ultralibéraux, religieux, fascistes ou communistes ou les  adaptes des soins par le clignement des yeux c’est qu’ils s’aveuglent et ils finissent toujours par se tirer des balles dans le pied. La dissonance cognitive fait alors des ravages. Ils s’entêtent…

Début 2000, les écolos arrivent au pouvoir en Allemagne, les socialos-canada dry veulent baisser fortement les salaires pour rendre l’industrie exportatrice compétitive. En contrepartie, il donne aux écolos la fin du nucléaire et des sous pour les éoliennes et le solaire. Les espagnols les imitent, les Portugal puis suivi plus tardivement par les italiens.

Les énergies éoliennes et solaires ont ceci de particuliers : elles produisent  à coût fixe comme le nucléaire. Qu’on utilise la production ou pas cela coûte le même prix. On peut vendre l’électricité à n’importe quel prix, même gratuit. Une usine à gaz ou charbon doit payer le prix des combustibles, elles ont un cout marginal important. Impossible pour elle de vendre à un prix qui ne paye pas le combustible. Le nucléaire voit son cout augmenter, ces installations sont vieilles et dangereuses…

Les multinationales ne croient pas aux renouvelables, les méprisent. Mais elles en font à reculons un peu forcées en Allemagne ou pas du tout en France. Certaines petites sociétés elles y vont. Le marché se développe, la production s’industrialise les prix baissent de 20 % à chaque fois que la production double. La production est multipliée par 18 en 13 ans.

Le prix du solaire s’écroule lui aussi à une vitesse rapide.

Résultat,  la production électrique de l’Espagne est  devenue de plus en plus renouvelable. Le Portugal passe au 1er trimestre 2015 à 70 % de ENR avec de nombreux surplus à …..exporter à n’importe quel prix…notamment en France….

Dans un contexte de prix du marché, celui qui fixe le prix est toujours celui qui peut vendre le moins cher… Ainsi un producteur avec 5 à 10 % de la production peut fixer un prix, les autres mangent des clous ou crèvent….

Les multinationales perdent avec leurs centrales fossiles, beaucoup  d’argent d’autant plus que le prix des fossiles à exploser… GDF-Suez (ENGIE) perd une fortune 10 milliards. EON aussi, elles protestent et demande à la commission européenne de mettre la pédale douce, parfois elles décident de se tourner vers les ENR pour les investissements d’avenir.

EDF toujours aussi neutrons résiste. A la manœuvre, elle fait payer plus que le prix du raccordement réseau à l’éolien et au solaire. Son émergence est freinée au maximum malgré le potentiel énorme: possibilité de recours du voisinage sur plus de 4 ans, insécurité juridique qui décourage bien des banques, droit de raccordement prohibitifs, taxes supérieures aux fossiles. EDF fait aux ENR en France ce qu’elle fait depuis 30 ans aux économies d’énergies : un outil de com pour masquer le fait de pas en faire…à l’exception de l’outre-mer et de la corse, il faut dire que la France y laisse 1,6 milliards par an de subventions pour faire de l’électricité au fioul au prix de la métropole (sans que jamais personne s’indigne du gaspillage)…..

Ironie de l’histoire en 2015, l’Espagne veut des liaisons transfrontalières pour exporter son courant éolien pas cher, EDF n’en veut  plus et freine des quatre fers. Il est comique de voir EDF réclamer des garanties environnementales et d’être avec les antis THT. L’Allemagne achète 10 fois plus de courant qu’elle n’en vend à la France mais la France fait  un chèque à la fin de l’année. Elle achète au prix fort (quand il fait froid) et vend au prix faible (en surproduction). Le nucléaire doit faire entre 50 à 100 milliards de travaux pour essayer de mettre en sécurité les nombreuses failles techniques de sécurité révélé par Fukushima… Le prix du nucléaire explose. Le prix du marché devient en 2015 moins cher que le prix du nucléaire. Installer  une éolienne coûte moins cher même sans subventions que le nucléaire EPR. Le solaire photovoltaïque est au prix de l’EPR. La nucélocratie gérée par l’élite de la technocratie fait faillite. EDF a racheté les vieilles centrales anglaises et américaines au prix fort, des mines salées sans uranium. Mme Lauvergeon  a fait plus contre le nucléaire que tous les écologistes réunis. Soyons reconnaissants. L’EPR est un fiasco technique et financier. EDF rappelle ces ingénieurs à la retraite pour finir l’EPR, EDF est sorti du CAC 40 et en réalité ne vaut plus rien si on met à son passif le démantèlement et la gestion des déchets nucléaires…

En 2015 en PACA installer chez soi ses panneaux photovoltaïques en étant relier au réseau coûte moins cher qu’acheter du courant au réseau. Cela permet même un rendement de 3 % sur son investissement si le prix réseau ne monte pas ce qui est impossible. Pas de taxes et pas de réseau à payer, heureusement pour EDF personnes le sait. Un autre modèle est à développer, l’Allemagne fonce, la France freine des 4 fers ou plutôt des 4 zirconiums….

Les allemands tirent des lignes THT pour amener l’éolien du nord dans le sud et le solaire du sud dans le nord. La mutation du réseau électrique est enclenchée. Les multinationales des lignes optent de plus en plus pour des lignes enterrées le prix étant relativement proche.  La France avec 1.5 % d’éolien ne risque pas grand-chose, en plus son réseau est surdimensionné et centralisé.

Autre conséquence imprévue du solaire photovoltaïque, nos multinationales n’avaient pas prévue que le soleil brille le jour. Beaucoup de courant la journée,  pas la nuit. Les allemands ont posée 30 GW de panneaux PV ce qui produit autant que 3 centrales nucléaires tout le long de l’année. Mais ces panneaux peuvent produire en pointe jusqu’à 24 centrales nucléaires en pleine été. Le résultat est que le différentiel entre le jour et la nuit est réduit : moralité le nucléaire casse le prix la nuit, le solaire la journée….les prix solaires sont parfois nulles voir négatifs !

 

 Partie4 : TURPITUDES

 

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